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La récolte du café : méthodes, période et traitement

La récolte du café consiste à cueillir les cerises du caféier lorsqu’elles atteignent leur pleine maturité, à la main ou à l’aide de machines. Selon les régions et les pays producteurs, cette récolte a lieu à des périodes différentes et peut être réalisée selon trois méthodes principales : le picking, le stripping ou la récolte mécanique. Chaque technique influence directement la qualité du grain de café et le goût que vous retrouverez ensuite en tasse. Nous vous proposons de découvrir toutes les étapes de la récolte du café, du caféier jusqu’au grain vert.

Les essentiels à retenir sur la récolte de café

  • La récolte du café consiste à cueillir les cerises du caféier à leur maturité, entre 6 et 11 mois après la floraison selon la variété.
  • Il existe trois méthodes de récolte : le picking (manuel sélectif), le stripping (manuel par égrappage) et la récolte mécanique.
  • La période de récolte varie selon les pays producteurs et dure généralement deux à trois mois.
  • Après la récolte, les cerises sont traitées par voie sèche (séchage 3 à 4 semaines), voie humide (dépulpage, fermentation, lavage) ou honey process, ce qui influence directement le goût du café.

Le caféier : de l’arbre à la cerise de café

Avant de parler de récolte, il est utile de revenir sur la plante elle-même. Le café provient d’un arbuste appelé le caféier, dont il existe plusieurs variétés de café, les plus cultivées étant le coffea arabica et le coffea robusta.

cerise de cafe

Origine et culture du caféier

Le caféier trouve son origine sur les hauts plateaux d’Éthiopie, avant de se répandre progressivement dans l’ensemble de la ceinture intertropicale. Aujourd’hui, on le cultive principalement entre les deux tropiques, dans des zones chaudes et humides, souvent en altitude pour l’arabica, qui apprécie les sols volcaniques et les climats plus frais. Ses feuilles, vert foncé et brillantes, jouent un rôle essentiel dans la photosynthèse qui nourrit la formation des cerises.

La culture du caféier demande de la patience : un jeune plant met généralement trois à quatre ans avant de produire ses premières fleurs. C’est un véritable travail agricole que d’entretenir un caféier jusqu’à sa première récolte.

De la fleur à la cerise : arabica et robusta

La fleur du caféier, blanche et parfumée, rappelle celle du jasmin. Elle ne dure que quelques jours avant de laisser place au fruit qu’on appelle la cerise de café. Après la floraison, il faut patienter plusieurs mois avant que la maturité soit complète : comptez entre 6 et 8 mois pour le café arabica, et 9 à 11 mois pour le robusta. Chaque cerise contient généralement deux graines, qui deviendront le grain de café une fois transformées et torréfiées.

Un caféier, plusieurs degrés de maturité

Sur un même caféier, toutes les cerises ne mûrissent pas en même temps. Certaines sont encore vertes quand d’autres ont déjà pris une belle teinte rouge (parfois jaune, selon la variété). Ce degré de maturité inégal explique pourquoi certaines méthodes de récolte demandent plusieurs passages sur les mêmes arbres.

CritèreArabicaRobusta
Temps de maturation6 à 8 mois9 à 11 mois
Altitude de culture800 à 2000 m0 à 800 m
Profil aromatiqueDoux, aromatique, acidité marquéeCorsé, amer, plus de corps

Quelle est la période de récolte du café ?

pays producteur

La période de récolte du café varie fortement selon la zone géographique, l’altitude et le pays producteur. Sur une même exploitation, les saisons de récolte durent généralement de deux à trois mois. Plus une plantation se situe en altitude, plus la maturation des cerises est lente, ce qui décale d’autant le moment de la récolte. Ce lien étroit entre climat, altitude et cycle de la plante illustre bien la complexité de la culture du café.

Calendrier de récolte du café par pays producteurs : production mondiale, Afrique, Amérique latine et rendement

Le climat local détermine directement la fenêtre de récolte. Voici un aperçu des principales périodes selon les pays producteurs.

Dans certaines régions proches de l’équateur, situées à plusieurs milliers de mètres d’altitude, le climat reste stable toute l’année. Les caféiers y fleurissent en continu, si bien que certaines fermes récoltent des cerises quasiment toute l’année, sans véritable saison creuse.

Combien de fois par an récolte-t-on le café ?

Dans la plupart des pays producteurs, on ne compte qu’une seule grande récolte par an. Certains pays, comme la Colombie, bénéficient toutefois d’un climat qui permet deux récoltes annuelles, grâce à des conditions favorables réparties sur l’année. Ces variations expliquent pourquoi les torréfacteurs peuvent s’approvisionner en café fraîchement récolté presque toute l’année, en jonglant entre les différentes zones de production.

Pays producteurPériode de récolteVariété concernée
BrésilJuin à septembreArabica et robusta
Afrique de l’estJuillet à décembreArabica et robusta
ColombieOctobre à février (récolte principale), avril à juin (seconde récolte)Arabica
IndeNovembre à févrierArabica
IndeJanvier à marsRobusta

Comment se fait la récolte du café ?

Il existe trois grandes méthodes de récolte du café, aussi appelée cueillette. Chacune a ses avantages, ses contraintes, et son propre impact sur la qualité du café obtenu en fin de chaîne.

récolte du cafe

La récolte manuelle sélective (le picking)

Le picking consiste à cueillir uniquement les cerises mûres, une par une, à la main. Les cueilleurs repassent plusieurs fois sur les mêmes plants, parfois jusqu’à cinq ou six passages, pour ne récolter que les fruits arrivés à bonne maturité. Cette méthode demande beaucoup de main d’œuvre et de temps, ce qui explique son coût plus élevé, mais elle garantit une récolte homogène et une belle qualité en tasse. C’est la technique privilégiée pour les cafés de spécialité, où chaque détail compte.

  • Avantages : qualité optimale, tri limité après récolte.
  • Inconvénients : coûteux, chronophage, forte main d’œuvre nécessaire.

La récolte manuelle par égrappage (le stripping)

Le stripping consiste à faire glisser la main le long de la branche, du haut en bas, pour faire tomber toutes les cerises en une seule fois, qu’elles soient mûres, vertes ou trop mûres. Plus rapide que le picking, cette méthode reste manuelle mais nécessite en revanche un tri minutieux après la récolte pour séparer les cerises selon leur degré de maturité.

  • Avantages : rapidité, moins de main d’œuvre que le picking.
  • Inconvénients : mélange de maturités, tri post-récolte indispensable.

La récolte mécanique

Utilisée sur de grandes plantations et des terrains plats, la récolte mécanique fait appel à des machines équipées de brosses verticales ou de vibreurs fixés au tronc de l’arbre. Elle est rapide et ne nécessite qu’une seule personne, mais elle ne fait aucune distinction entre les cerises mûres et les autres, ce qui implique un tri important par la suite. L’industrie du café explore aujourd’hui de nouvelles pistes pour affiner cette approche : des drones équipés de caméras infrarouges et des capteurs optiques permettent désormais de repérer la maturité des cerises directement sur l’arbre, ouvrant la voie à une récolte mécanique plus sélective à l’avenir.

  • Avantages : très rapide, peu de main d’œuvre.
  • Inconvénients : tri important, moins adapté aux terrains en pente.
MéthodeVitesseMain d’œuvreQualitéUsage
PickingLenteImportanteÉlevéeCafés de spécialité
StrippingMoyenneModéréeVariableProduction courante
MécaniqueRapideFaibleVariableGrandes exploitations

Quel est l’impact de la méthode de récolte sur le goût du café ?

grain de cafe

Une cerise de café développe ses sucres et ses arômes au fil de sa maturation. Une cerise récoltée trop tôt sera plus acide, tandis qu’une cerise bien mûre donnera un café plus rond et plus équilibré. C’est la raison pour laquelle la récolte manuelle sélective, qui ne conserve que les fruits parfaitement mûrs, est généralement associée à une meilleure qualité de café en tasse.

C’est d’ailleurs pour cette raison que les cafés de spécialité, souvent issus d‘arabicas de qualité, privilégient presque systématiquement le picking. Ce processus, plus exigeant en main d’œuvre, permet de sélectionner uniquement les cerises au bon degré de maturité avant qu’elles ne soient transformées en grains de café.

Les méthodes de récolte plus rapides, comme le stripping ou la récolte mécanique, mélangent en revanche cerises mûres, vertes et trop mûres dans un même lot. Le tri après-récolte devient alors une étape indispensable du processus global : il permet de limiter cet écart de maturité et d’éviter que des défauts de goût (notes végétales ou trop acides) ne se retrouvent dans le produit final. Sans ce tri rigoureux, la qualité en tasse des grains de café obtenus serait beaucoup plus irrégulière.

Le traitement et la transformation post-récolte des cerises de café

niveau torréfaction

Une fois la récolte terminée, le chemin ne s’arrête pas là. Chaque cerise doit être traitée pour en extraire le grain de café vert, qui sera ensuite torréfié. Ce traitement du café a lui aussi une influence directe sur le profil aromatique final, au même titre que la méthode de récolte.

Selon la Specialty Coffee Association (SCA), après ces étapes de transformation et de torréfaction, seulement environ 2,6 % de la masse initiale de la cerise se retrouve dans votre tasse.

La voie sèche (ou procédé nature)

Les cerises entières sont étalées au soleil, sur des lits africains ou de grandes aires bétonnées, et régulièrement retournées pendant trois à quatre semaines. Le séchage se poursuit jusqu’à ce que le taux d’humidité du grain descende entre 10 et 12 %, seuil à partir duquel les cerises peuvent être décortiquées pour libérer le grain de café. Toute la pulpe et le mucilage restent donc en contact avec le grain durant tout le séchage, ce qui explique en grande partie les arômes obtenus. Ce procédé, plus économique et plus ancien, donne des cafés généralement plus ronds, avec des notes fruitées et sucrées.

La voie humide (ou café lavé)

Les cerises sont d’abord dépulpées à l’aide d’une dépulpeuse, une étape qui retire la peau et une bonne partie de la pulpe pour ne laisser autour du grain qu’une fine couche de mucilage. Les grains passent ensuite par une étape de fermentation dans des cuves, généralement entre 12 et 48 heures, le temps que les enzymes naturelles dissolvent cette couche de mucilage résiduelle. Vient alors le lavage, puis le séchage. Ce procédé demande davantage d’eau et d’équipement, mais il donne des cafés reconnus pour leur fraîcheur, leur acidité équilibrée et leur belle complexité aromatique.

Le honey process, une méthode intermédiaire

Entre la voie sèche et la voie humide, le honey process consiste à dépulper la cerise tout en conservant volontairement une partie du mucilage autour du grain avant séchage. Selon l’épaisseur de la couche de mucilage laissée sur le grain, on distingue plusieurs variantes (black, red, yellow ou white honey), qui donnent des profils aromatiques différents. Ce procédé, encore peu répandu, donne des cafés aux notes plus sucrées et plus douces, à mi-chemin entre le fruité du nature et la clarté du lavé.

 

À la rencontre des producteurs de café du Honduras avec Cafesmo

producteur cafe

Pour mieux comprendre ce que représente la récolte du café sur le terrain, la coopérative Cafesmo nous a rendu visite. Cafesmo, est un collectif de producteurs de café de spécialité situé au Honduras, non loin des frontières du Salvador et du Guatemala. Cet échange nous a permis de découvrir leur quotidien, leurs méthodes de culture et l’organisation de leur structure.

Des terres individuelles, un travail familial

Le collectif Cafesmo réunit aujourd’hui environ 300 membres. Sur place, la règle est simple : un terrain, un propriétaire. Chaque caféiculteur cultive sa propre parcelle tout en restant membre actif du groupe. La récolte du café y reste un travail physique et exigeant, porté par des familles entières qui font vivre leur foyer grâce à cette activité.

Des pratiques agroforestières pour préserver les sols

Face aux évolutions du climat, Cafesmo mise sur l’agroforesterie : des milliers de jeunes plants, d’arbres fruitiers et d’avocatiers sont installés au milieu des caféiers pour apporter de l’ombre et protéger les sols de l’érosion.

Pour enrichir la terre naturellement, les équipes collectent des micro-organismes sauvages dans les montagnes environnantes et les multiplient dans la cascara, la pulpe de la cerise de café, afin de fabriquer leur propre compost. Un pôle d’apiculture est également venu compléter la ferme : les ruches favorisent la biodiversité locale tout en apportant une activité complémentaire aux producteurs.

Un programme dédié aux femmes productrices : Girl Power

Parmi les 300 membres du collectif, 37 sont des femmes. Un programme spécifique leur permet de reprendre les terres familiales et de développer leur propre activité, notamment à la suite du décès de leur conjoint ou d’un divorce. À elles seules, elles produisent chaque année 60 tonnes de café vert, soit l’équivalent de 3 conteneurs.

Une technologie de tri au service de l’humain

Pour le traitement du café, Cafesmo s’appuie désormais sur des machines compactes équipées de trieurs optiques. Elles nettoient et polissent chaque cerise, puis classent les grains de café selon leur taille, leur densité, leur couleur et leur qualité.

Même automatisé, ce tri reste supervisé par une personne à chaque poste de contrôle, ce qui garantit un emploi à chaque membre de l’équipe. En travaillant directement avec des torréfacteurs partenaires, les producteurs réduisent également les intermédiaires et sécurisent des engagements plus stables sur le long terme.

Cette rencontre nous a permis de mesurer la réalité du métier de caféiculteur au Honduras : un travail de terrain exigeant, profondément lié à l’histoire familiale, où chaque étape de la récolte du café compte pour faire vivre les foyers.

FAQ sur la récolte du café

grain de café

Quelle est la différence entre un café lavé et un café nature ?

Le café lavé (voie humide) passe par une étape de dépulpage, de fermentation puis de lavage, ce qui lui donne fraîcheur et acidité équilibrée. Le café nature (voie sèche) sèche entier avec sa pulpe, ce qui lui apporte des notes plus fruitées, plus sucrées et un corps plus rond.

Combien de cerises faut-il pour produire un kilo de café ?

Il faut compter environ 4 à 5 kg de cerises fraîches pour obtenir 1 kg de café vert après traitement, soit près de 2 000 cerises pour un kilo de café torréfié. Cette quantité varie légèrement selon la variété du caféier et le procédé de traitement utilisé.

Le café peut-il être récolté à la main sur toutes les plantations ?

Non, le choix de la méthode dépend surtout de la topographie et de la taille de l’exploitation. Les petites parcelles en altitude ou en terrain accidenté privilégient le picking ou le stripping, tandis que les grandes plantations situées sur des terrains plats optent souvent pour la récolte mécanique, plus rentable à grande échelle.

Quelles sont les étapes de fabrication et de production du café ?

De la cerise à la tasse, le café suit un parcours précis : récolte, tri, traitement (voie sèche, humide ou honey), séchage jusqu’au grain de café vert, puis transport vers le torréfacteur qui réalise la torréfaction.

Vous l’aurez compris, la récolte du café ne se résume pas à un simple geste de cueillette. Picking, stripping ou récolte mécanique : chaque méthode a ses contraintes, mais toutes visent le même objectif, préserver la qualité des cerises jusqu’au traitement. La rencontre avec les producteurs de Cafesmo, au Honduras, nous le rappelle bien : derrière chaque grain de café se cache un savoir-faire humain, patient et exigeant. Autant d’étapes à connaître pour savourer votre tasse avec un autre regard.